Plastique pour serre de jardin : 150 ou 200 microns ne suffisent pas à choisir

Pour couvrir une serre de jardin, choisissez un film en polyéthylène conçu pour l’usage horticole, stabilisé contre les UV et compatible avec vos fixations. L’épaisseur compte, mais elle ne garantit ni une bonne transmission lumineuse ni une meilleure conservation de la chaleur. Avant d’acheter une bâche de remplacement, vérifiez aussi ses traitements, ses dimensions réelles et les conditions de garantie.
Choisir le film selon la lumière et la chaleur recherchées
Le plastique pour serre de jardin est généralement du polyéthylène, ou PE, également commercialisé sous l’appellation Polyane. Les films multicouches, avec des constructions de 3 à 7 couches, permettent de combiner résistance et fonctions particulières. Le nombre de couches ne constitue toutefois pas, à lui seul, un classement de qualité.
Calculer les dimensions d’une bâche de serre
Indiquez les dimensions de votre serre tunnel pour obtenir une estimation de la bâche à prévoir.
À noter : les marges peuvent varier selon les ourlets, les barres à clips, les portes, les pignons et le mode de fixation. Confirmez toujours les dimensions auprès du vendeur avant votre commande.
Transparent, thermique et diffusant ne désignent pas des catégories incompatibles : un même film peut cumuler plusieurs propriétés. Il faut donc lire la fiche technique plutôt que se fier uniquement au nom commercial.
| Type de film | Intérêt principal | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Transparent | Laisse entrer une lumière directe | Transmission lumineuse annoncée |
| Translucide | Aspect moins transparent | Diffusion réelle, non déductible de l’apparence seule |
| Diffusant | Répartit la lumière et réduit les contrastes d’éclairement | Transmission et taux de diffusion |
| Thermique | Limite les pertes de chaleur par rayonnement infrarouge | Thermicité et méthode de mesure |
| Armé ou renforcé | Renforce la tenue mécanique selon sa conception | Résistance déclarée et lumière interceptée par la trame |
Pour des cultures précoces exposées à des nuits fraîches, la thermicité mérite une attention particulière. Gamm Vert présente une thermicité de 80 % comme une valeur qualitative. Cela ne signifie pas que la serre conserve 80 % de toute sa chaleur : les ouvertures, le sol et l’étanchéité interviennent aussi.
En situation très ensoleillée, un film diffusant peut améliorer la répartition lumineuse, sans remplacer l’aération ni un ombrage adapté. Gamm Vert indique des transmissions lumineuses de 45 à 90 % selon les couvertures : cette différence justifie de comparer les fiches. Un traitement anti-buée favorise, quant à lui, l’écoulement de la condensation plutôt que la formation de gouttelettes.
Épaisseur, anti-UV et résistance : lire les bonnes indications
150, 200 ou 300 microns : des repères, pas un verdict
Les microns mesurent l’épaisseur ; le grammage en g/m² mesure la masse par surface. 200 microns et 200 g/m² ne sont donc pas équivalents. Les offres comprennent notamment des films de 150 et 200 microns, parfois jusqu’à 300 microns, ainsi que des grammages de 150 à 240 g/m². Comparez des produits exprimés dans la même unité.

À formulation comparable, un film de 200 microns offre davantage de matière qu’un 150 microns. Mais sa tenue dépend aussi des additifs, de la résistance à la déchirure et des fixations. Une forte épaisseur ne compense pas des arceaux abrasifs ou une bâche qui bat au vent. En site exposé, privilégiez une résistance documentée et un ancrage adapté plutôt que la seule mention « renforcé ».
Une armature fonctionne un peu comme un filet intégré : ses mailles peuvent freiner la propagation d’une déchirure, mais elles interceptent aussi une partie de la lumière. Avant de choisir cette sécurité mécanique, recherchez l’origine des dégâts précédents. Si le plastique se perce toujours sur le même raccord métallique, supprimer ce point de friction sera plus utile que multiplier les renforts.
L’anti-UV protège d’abord le plastique
La stabilisation anti-UV ralentit la fragilisation du film sous le soleil. Elle ne signifie pas automatiquement que les cultures sont protégées de tous les ultraviolets : la transmission des UV est une caractéristique distincte.
Serre en Direct mentionne une garantie anti-UV de 5 ans et une durée de vie annoncée de 7 à 8 ans pour du Polyane de 200 microns. Ces indications restent liées au produit et à ses conditions d’usage. Vérifiez les exclusions concernant le vent, la grêle, les frottements et les produits chimiques : une garantie anti-UV n’est pas une assurance tous dommages.
Mesurer la couverture et comparer le coût réel avant commande
Sur une serre tunnel, la largeur au sol ne suffit pas pour dimensionner la bâche. Mesurez le développé de l’arceau avec un mètre souple, en suivant sa courbure d’un côté à l’autre. Ajoutez ensuite les marges nécessaires à l’ancrage ou au système de tension.
Pour une pose avec bords enterrés, un repère proposé par Serre en Direct est : largeur de bâche = longueur d’arceau + 1,50 m, et longueur de bâche = longueur de serre + 30 cm. Ces marges ne sont pas universelles : ourlets, barres à clips et fermetures de pignons peuvent demander une confection différente. Faites confirmer les dimensions par le vendeur.
- Prédécoupée : pertinente si la référence correspond exactement au modèle de serre.
- Au mètre : adaptée aux structures simples, à condition de prévoir les découpes et fixations.
- Sur mesure : utile pour des ourlets, portes ou dimensions particulières.
- Kit complet : à contrôler pièce par pièce : corps, pignons, portes et accessoires inclus.
Ne confondez pas surface au sol et surface de plastique facturée. À titre de repères commerciaux, des offres affichent une bâche de corps de 750 × 650 cm à 65 €, des pignons à 20 € et 24 €, ou un kit à 99 €. Ces prix ne sont pas directement comparables et doivent être revérifiés avant commande. Comparez le montant livré, accessoires compris, ainsi que la disponibilité, l’origine de fabrication et les conditions de retour.
Poser, entretenir et réparer sans raccourcir la durée de vie
Avant la pose, inspectez les arceaux, raccords et têtes de vis. Éliminez les aspérités et protégez les contacts selon les recommandations du fabricant. Prévoyez une journée calme ; une température de 12 à 25 °C constitue un repère de fixation, à confirmer dans la notice du film.
- Déployez la bâche sans la traîner sur un sol abrasif.
- Respectez le sens de pose lorsqu’un traitement impose une face intérieure.
- Centrez le film, puis fixez-le progressivement et symétriquement.
- Utilisez des clips adaptés au diamètre des tubes, des ourlets avec cordelette ou des barres compatibles.
- Supprimez les poches et flottements sans étirer excessivement le plastique.
Si l’ancrage repose sur des tranchées, Serre en Direct donne comme repères 20 cm de largeur, 30 cm de profondeur et un décalage de 10 à 15 cm par rapport à l’arceau. Adaptez impérativement cette solution à la structure et au terrain : la couverture ne remplace pas l’ancrage de la serre.
Nettoyez avec une éponge douce, de l’eau et un produit autorisé par le fabricant. Évitez abrasifs et solvants. Réparez rapidement les petites déchirures avec un ruban spécial serre, sur une surface propre et sèche, en suivant sa notice. Une déchirure supérieure à 10 cm mérite une intervention sans attendre, mais sa taille ne suffit pas à décider du remplacement.
Remplacez plutôt que rafistoler un film devenu cassant, fissuré en plusieurs endroits ou qui se déchire autour des réparations. Pour une bâche démontée encore saine, nettoyez-la, laissez-la sécher et stockez-la à l’abri du soleil et des rongeurs. En fin de vie, renseignez-vous localement sur les filières acceptant les films horticoles.